Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 08:00

 

Aimé des Muses, je vais donner la tristesse et la peur

aux vents fougueux, qu'ils les emportent jusqu'à

la mer de Crète. Sous l'étoile de l'Ourse

un roi en son pays glacé inspire quelque crainte ?

 

Ce que redoute Tiridate ? Sans égale est

mon insouciance. Ô toi qui aimes les sources 

inviolées, tresse les fleurs de grand soleil,

tresse-les en couronne pour mon très cher Lamia,

 

ô douce Pimpléenne. Sans toi à rien

ne sert mon éloge. Mon ami, sur des cordes nouvelles,

mon ami, l'immortaliser avec le plectre de Lesbos,

c'est à toi que cela convient, à toi et à tes sœurs.

 

Traduction Danielle Carlès


Tiridate (v. 5) : Tiridate II, allié des Romains, avait détrôné Phraatès IV (30/31 av. J.-C.), mais celui-ci revenait en force avec l'aide des Scythes. Il sera d'ailleurs rapidement destitué et Phraatès IV signera un traité de paix avec Auguste en 20 av. J.-C.

 

Lamia (v. 8) : Horace avait pour amis deux frères de ce nom : Lucius et Quintus Ælius Lamia. Il peut s'agir de l'un ou de l'autre.

 

douce Pimpléenne (v. 9) : Pimpla est le nom d'une montagne et d'une ville de Piérie (Grèce) où se trouvait une source consacrée aux Muses. 

 

 

Lecture avec le texte latin 


Aimé des Muses, je vais donner la tristesse et la peur

aux vents fougueux, qu'ils les emportent jusqu'à

la mer de Crète. Sous l'étoile de l'Ourse

un roi en son pays glacé inspire quelque crainte ?

Musis amicus tristitiam et metus

tradam proteruis in mare Creticum

portare uentis, quis sub Arcto

rex gelidæ metuatur oræ,

 

Ce que redoute Tiridate ? Sans égale est

mon insouciance. Ô toi qui aimes les sources 

inviolées, tresse les fleurs de grand soleil,

tresse-les en couronne pour mon très cher Lamia,

quid Tiridaten terreat, unice    5

securus. O quæ fontibus integris

gaudes, apricos necte flores,

necte meo Lamiæ coronam,

 

ô douce Pimpléenne. Sans toi à rien

ne sert mon éloge. Mon ami, sur des cordes nouvelles,

mon ami, l'immortaliser avec le plectre de Lesbos,

c'est à toi que cela convient, à toi et à tes sœurs.

Piplea dulcis. Nil sine te mei

prosunt honores. Hunc fidibus nouis,    10

hunc Lesbio sacrare plectro,

teque tuasque decet sorores.

 

Strophes alcaïques.

Voir :

L'hiver au printemps de l'âge (Ode I, 9) autrement écrit

Horace, Ode I, 9 (L'hiver au printemps de l'âge)

Horace, Ode I, 16 (Palinodie)

Horace, Ode I, 17 (Des chèvres et des loups)


Publié dans : Horace, Odes Livre I
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 06:00

 

Il se font plus rares les jeunes gens effrontés

qui venaient à ta fenêtre fermée l'ébranler à force de projectiles,

ils ne volent plus ton sommeil, et ta porte se prend 

à aimer le seuil,

 

complaisante autrefois à tourner retourner sur ses

gonds. Ce refrain, tu l'entends de moins en moins :

« Tout à toi je me meurs de longues nuits durant, et,

Lydia, tu dors ? »

 

Ton tour viendra, vieille femme et méprisée des amoureux,

tu pleureras dans la solitude d'une ruelle, fétu

au vent de Thrace redoublant sa bacchanale

à la lune nouvelle.

 

Alors la brûlure de l'amour et du désir

qui affole les juments en rut

de rage exaspèrera ton foie ulcéré,

et tu gémiras

 

car la belle jeunesse s'enchante

du lierre toujours vert et du myrte en boutons

mais elle voue à l'Eurus, compagnon de l'hiver,

les feuilles desséchées.

 

Traduction Danielle Carlès


Lydia (v. 8) : Il y a déjà une Lydia dans  Vénus brutalisée (Ode I, 13) autrement écrit.

 

Le vent de Thrace (v. 11) : L'Aquilon ou Borée, vent de nord-est. On situait sa résidence mythique en Thrace, sur le mont Hémus.

 

L'Eurus (v. 20) : Vent de sud-est (j'adopte la leçon Euro et non Hebro, l'Hèbre, fleuve de Thrace).

 

Où Horace se montre nettement plus méchant que ne le sera Ronsard "Quand vous serez bien vieille ...".  

 

Lecture avec le texte latin

 

Il se font plus rares les jeunes gens effrontés

qui venaient à ta fenêtre fermée l'ébranler à force de projectiles,

ils ne volent plus ton sommeil, et ta porte se prend

à aimer le seuil,

Parcius iunctas quatiunt fenestras

iactibus crebris iuuenes proterui

nec tibi somnos adimunt amatque

ianua limen,

 

complaisante autrefois à tourner retourner sur ses

gonds. Ce refrain, tu l'entends de moins en moins :

« Tout à toi je me meurs de longues nuits durant, et,

Lydia, tu dors ? »

quæ prius multum facilis mouebat     5

cardines. Audis minus et minus iam :

"Me tuo longas pereunte noctes,

Lydia, dormis ?"

 

Ton tour viendra, vieille femme et méprisée des amoureux,

tu pleureras dans la solitude d'une ruelle, fétu

au vent de Thrace redoublant sa bacchanale

à la lune nouvelle.

Inuicem mœchos anus arrogantis

flebis in solo leuis angiportu     10

Thracio bacchante magis sub inter

lunia uento

 

Alors la brûlure de l'amour et du désir

qui affole les juments en rut

de rage exaspèrera ton foie ulcéré,

et tu gémiras

cum tibi flagrans amor et libido

quæ solet matres furiare equorum

sæuiet circa iecur ulcerosum     15

non sine questu

 

car la belle jeunesse s'enchante

du lierre toujours vert et du myrte en boutons

mais elle voue à l'Eurus, compagnon de l'hiver,

les feuilles desséchées.

læta quod pubes hedera uirenti

gaudeat pulla magis atque myrto

arida frontes hiemis sodali

dedicet Euro.     20

 

Strophes sapphiques :

trois sapphiques de onze syllabes

un adonique.

 

Voir : Odes I, 2 - 10 - 12 - 20 - 22

pour le détail de la scansion :  Horace, Ode I, 2 (Assez de terreur)


Publié dans : Horace, Odes Livre I
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 08:36

 

Respecter la pudeur, la mesure, comment faire avec le regret

d'un être tant aimé ? Apprends-moi les chants

de deuil, Melpomène, toi dont la voix est claire,

don de ton père avec la cithare.

 

Ainsi c'est vrai, sur Quintilius pèse l'interminable

sommeil. La Pudeur et, sœur de la Justice,

la Bonne Foi incorruptible, la nue Vérité,

quand lui trouveront-elles un égal ?

 

Nombreux sont les gens de bien à qui sa mort arrache des larmes,

mais à personne plus de larmes qu'à toi, Virgile.

En vain ta piété, hélas ! confié aux dieux, oui, mais pas ainsi,

en vain réclame qu'ils te rendent Quintilius.

 

Et si, plus caressant qu'Orphée le Thrace,

tu étais maître de la lyre, à te faire écouter des arbres,

crois-tu que le sang revienne à un fantôme vide,

une fois que de sa baguette dressée,

 

inflexible à toute prière d'ouvrir la porte close du destin,

Mercure l'a poussé dans le noir troupeau ?

C'est une dure loi, mais la patience finit par alléger

tout ce qu'il est interdit de réparer.

 

Traduction Danielle Carlès


Melpomène (v. 3) : Muse de la tragédie, mais son nom signifie "La Chanteuse" et elle présidait d'abord au chant.

 

Quintilius (v. 5, 12) : Quintilius Varus, ami de Virgile et d'Horace, mort en 24 av. J.-C. Voir  Horace, Ode I, 18 (Visages de Bacchus)

 

 

Lecture avec le texte latin

 

Respecter la pudeur, la mesure, comment faire avec le regret

Quis desiderio sit pudor aut modus

d'un être tant aimé ? Apprends-moi les chants

tam cari capitis ? Præcipe lugubris

de deuil, Melpomène, toi dont la voix est claire,

cantus, Melpomene, cui liquidam pater

don de ton père avec la cithare.

uocem cum cithara dedit.

 

Ainsi c'est vrai, sur Quintilius pèse l'interminable

Ergo Quintilium perpetuus sopor     5

sommeil. La Pudeur et, sœur de la Justice,

urget. Cui Pudor et, Iustitiæ soror,

la Bonne Foi incorruptible, la nue Vérité,

incorrupta Fides, nudaque Veritas

quand lui trouveront-elles un égal ?

quando ullum inueniet parem ?

 

Nombreux sont les gens de bien à qui sa mort arrache des larmes,

Multis ille bonis flebilis occidit,

mais à personne plus de larmes qu'à toi, Virgile.

nulli flebilior quam tibi, Vergili.     10

En vain ta piété, hélas ! confié aux dieux, oui, mais pas ainsi,

Tu frustra pius, heu ! non ita creditum

en vain réclame qu'ils te rendent Quintilius.

poscis Quintilium deos.

 

Et si, plus caressant qu'Orphée le Thrace,

Quid si Threicio blandius Orpheo

tu étais maître de la lyre, à te faire écouter des arbres,

auditam modere arboribus fidem,

crois-tu que le sang revienne à un fantôme vide,

num uanæ redeat sanguis imagini     15

une fois que de sa baguette dressée,

quam uirga semel horrida

 

inflexible à toute prière d'ouvrir la porte close du destin,

non lenis precibus fata recludere

Mercure l'a poussé dans le noir troupeau ?

nigro compulerit Mercurius gregi ?

C'est une dure loi, mais la patience finit par alléger

Durum, sed leuius fit patientia

tout ce qu'il est interdit de réparer.

quicquid corrigere est nefas.     20

 

 

Strophes asclépiades A :

trois vers asclépiades de douze syllabes

un glyconique.

 

Voir :

Horace, Ode I, 6 ( Le non-éloge d'Agrippa)

Horace, Ode I, 15 (La prophétie de Nérée)


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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 06:00

Je redonne ici l'Ode I, 23, déjà publiée le 29 décembre 2011, sans rien changer à la traduction, ni à la présentation.

 

 

Tu m'évites, Chloé, tu es comme le faon

qui cherche sa mère craintive dans les montagnes écartées

qui s'apeure sans raison du moindre souffle d'air,

des arbres de la forêt.

 

Si l'approche du printemps agite d'un frisson

les souples feuillages, si un lézard vert

écarte les ronces, son cœur se met à battre,

ses jambes à trembler.

 

Voyons ! Je ne suis pas un tigre féroce, un lion de Gétulie,

je ne te chasse pas pour te briser les os !

Laisse à la fin le giron de ta mère,

à l'âge d'aller vers les hommes.

 

Traduction de Danielle Carlès

 

 

Texte latin

 

Vitas inuleo me similis, Chloe,

quærenti pauidam montibus auiis

matrem non sine uano

aurarum et siluæ metu.

 

Nam seu mobilibus ueris inhorruit

aduentus foliis, seu uirides rubum

dimouere lacertæ,

et corde et genibus tremit.

 

Atqui non ego te, tigris ut aspera

Gaetulusue leo, frangere persequor.

tandem desine matrem

tempestiua sequi uiro.

 

Strophe asclépiade B.

 

Voir :

Naufrage de l'amour (Ode, I, 5) autrement écrit

Horace, Ode I, 5 (Naufrages de l'amour)

Horace, Ode I, 14 (Allégorie)

Horace, Ode I, 21 (Frère et soeur)


Publié dans : Horace, Odes Livre I
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 01:52

 

L'homme à la vie sans faille, pur de tout crime

n'a pas besoin des javelots des Maures, ni d'un

arc ni de flèches empoisonnées qui pèsent lourd

plein son carquois, Fuscus,

 

que son chemin le conduise à passer par le pays

des Syrtes embrasées, ou à traverser le Caucase

inhospitalier, et même dans ces régions léchées

par l'Hydaspe des légendes.

 

Car moi, j'étais dans la forêt Sabine, un loup,

je chantais ma Lalagué sans but et en promenade

au-delà des bornes du domaine, libre du moindre

souci, désarmé. Il m'a fui.

 

Un monstre pareil, la terre de Daunus, terre de

guerriers, dans ses vastes chênaies, n'en élève

pas et la terre de Juba n'en produit pas, aride

mère nourricière des lions.

 

Dépose-moi sur les plaines engourdies où pas un

seul arbre ne renaît au souffle de l'été, en ce

côté du monde écrasé sous la brume, soumis à la

mauvaise humeur de Jupiter,

 

dépose-moi au-dessous du soleil, en ce point où

son char vient trop proche de la terre, refusée

aux habitations, j'aimerai ma Lalagué, son doux

rire et son doux babillage.

 

Traduction Danielle Carlès


Fuscus (v. 4) : Aristius Fuscus, poète et grammairien, un ami d'Horace. Déja rencontré dans  Horace, Satire I, 9, 60-78 (Sur la voie Sacrée, il y a deux millénaires) et  Horace, Satire I, 10, 72-92 (Le réseau : littérature et politique) . Voir également Épître I, 10.

 

Les Syrtes (v. 5) : Syrtis maior la "grande Syrte" auj. le golfe de Syrte (Libye) à proprement parler et Syrtis minor la "petite Syrte" auj. le golfe de Gabès (Tunisie). L'adjectif æstuosas peut vouloir dire soit "bouillonnantes" (par référence aux eaux des golfes), soit "brûlantes, embrasées" (par référence aux terres qu'ils bordent).

 

L'Hydaspe (v. 8) : Le nom antique, grec, de la rivière de Jhelum, traversant l'Inde (Penjab) et le Pakistan. (En 326 av. J.-C. la bataille de l'Hydaspe oppose Alexandre le Grand à Pôros (Pûru) le râja indien du royaume de Paurava.)

 

Lalagué (v. 10 et 23) : La forme du nom latin est Lalagé, en fait un nom grec, de λάλαξ "babillage", d'où la traduction de loquentem dans le dernier vers. À tort ou à raison je modifie l'orthographe du nom pour la prononciation française. On retrouve le même nom dans Ode II, 5.

 

La terre de Daunus (v. 14) : L'Apulie (les Pouilles) est désignée sous ce nom (roi légendaire : Daunus ou Daunos).

 

La terre de Juba (v. 15) : Juba (Iuba) est le nom romain de plusieurs rois d'Afrique du nord, de Numidie (Juba I, mort en 46 av. J.-C.) ou de Mauritanie (Juba II, fils du précédent, reçut la Mauritanie vers 25 av. J.-C.). 

 

 

Lecture avec le texte latin

 

 L'homme à la vie sans faille, pur de tout crime

Integer uitæ scelerisque purus

n'a pas besoin des javelots des Maures, ni d'un

non eget Mauris iaculis neque arcu

arc ni de flèches empoisonnées qui pèsent lourd

nec uenenatis grauida sagittis,

plein son carquois, Fuscus,

Fusce, pharetra,

 

que son chemin le conduise à passer par le pays

      siue per Syrtis iter æstuosas     5

des Syrtes embrasées, ou à traverser le Caucase

siue facturus per inhospitalem

inhospitalier, et même dans ces régions léchées

Caucasum uel quæ loca fabulosus

par l'Hydaspe des légendes.

lambit Hydaspes.

 

Car moi, j'étais dans la forêt Sabine, un loup,

Namque me silua lupus in Sabina,

je chantais ma Lalagué sans but et en promenade

       dum meam canto Lalagen et ultra     10

au-delà des bornes du domaine, libre du moindre

terminum curis uagor expeditis,

souci, désarmé. Il m'a fui.

fugit inermem.

 

Un monstre pareil, la terre de Daunus, terre de

Quale portentum neque militaris

guerriers, dans ses vastes chênaies, n'en élève

Daunias latis alit æsculetis

pas et la terre de Juba n'en produit pas, aride

       nec Iubæ tellus generat, leonum     15

mère nourricière des lions.

arida nutrix.

 

Dépose-moi sur les plaines engourdies où pas un

Pone me pigris ubi nulla campis

seul arbre ne renaît au souffle de l'été, en ce

arbor æstiua recreatur aura,

côté du monde écrasé sous la brume, soumis à la

quod latus mundi nebulæ malusque

mauvaise humeur de Jupiter,

       Iuppiter urget,     20


 dépose-moi au-dessous du soleil, en ce point où

pone sub curru nimium propinqui

son char vient trop proche de la terre, refusée

solis in terra domibus negata,

aux habitations, j'aimerai ma Lalagué, son doux

dulce ridentem Lalagen amabo,

rire et son doux babillage.

dulce loquentem.

 

 

Déja publiée :  Horace, Ode I, 22 (Rencontre avec un loup)

 

Strophes sapphiques :

trois sapphiques de onze syllabes

un adonique

 

Voir :

Horace, Ode I, 2 (Assez de terreur)

Mercure (Ode I, 10) autrement écrit

Horace, Ode I, 12 (quel homme ? quel héros ? quel dieu ?)

Horace, Ode I, 20 (Simple amitié)

 

transposées en 3 X 47 + 27 caractères espaces compris.

 

Publié dans : Horace, Odes Livre I
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Les traductions

publiées ici sont inédites. Vous entrez dans l'échoppe d'un artisan des Lettres.

 

Prochainement : les Satires d'Horace, en édition numérique bilingue, chez Publie.net (voir le lien ci-dessous).

 

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Traductions de Danielle Carlès est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage à l'Identique 3.0 non transposé.

 

Le texte latin qui accompagne éventuellement la traduction (Odes et Satires au jour le jour) est repris de différentes éditions anciennes, avec une ponctuation personnelle.

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