fonsbandusiae - cours de latin

Horace, Ode I, 26 (Aimé des Muses)

27 Mai 2012, 08:00am

Publié par Danielle Carlès

Aimé des Muses, je vais donner la tristesse et la peur

aux vents fougueux, qu'ils les emportent jusqu'à

la mer de Crète. Sous l'étoile de l'Ourse

un roi en son pays glacé inspire quelque crainte ?

 

Ce que redoute Tiridate ? Sans égale est

mon insouciance. Ô toi qui aimes les sources 

inviolées, tresse les fleurs de grand soleil,

tresse-les en couronne pour mon très cher Lamia,

 

ô douce Pimpléenne. Sans toi à rien

ne sert mon éloge. Mon ami, sur des cordes nouvelles,

mon ami, l'immortaliser avec le plectre de Lesbos,

c'est à toi que cela convient, à toi et à tes sœurs.


Tiridate (v. 5) : Tiridate II, allié des Romains, avait détrôné Phraatès IV (30/31 av. J.-C.), mais celui-ci revenait en force avec l'aide des Scythes. Il sera d'ailleurs rapidement destitué et Phraatès IV signera un traité de paix avec Auguste en 20 av. J.-C.

Lamia (v. 8) : Horace avait pour amis deux frères de ce nom : Lucius et Quintus Ælius Lamia. Il peut s'agir de l'un ou de l'autre.

douce Pimpléenne (v. 9) : Pimpla est le nom d'une montagne et d'une ville de Piérie (Grèce) où se trouvait une source consacrée aux Muses. 

 

Lecture avec le texte latin 

 

Aimé des Muses, je vais donner la tristesse et la peur

aux vents fougueux, qu'ils les emportent jusqu'à

la mer de Crète. Sous l'étoile de l'Ourse

un roi en son pays glacé inspire quelque crainte ?

Musis amicus tristitiam et metus

tradam proteruis in mare Creticum

portare uentis, quis sub Arcto

rex gelidæ metuatur oræ,

 

Ce que redoute Tiridate ? Sans égale est

mon insouciance. Ô toi qui aimes les sources 

inviolées, tresse les fleurs de grand soleil,

tresse-les en couronne pour mon très cher Lamia,

quid Tiridaten terreat, unice    5

securus. O quæ fontibus integris

gaudes, apricos necte flores,

necte meo Lamiæ coronam,

 

ô douce Pimpléenne. Sans toi à rien

ne sert mon éloge. Mon ami, sur des cordes nouvelles,

mon ami, l'immortaliser avec le plectre de Lesbos,

c'est à toi que cela convient, à toi et à tes sœurs.

Piplea dulcis. Nil sine te mei

prosunt honores. Hunc fidibus nouis,    10

hunc Lesbio sacrare plectro,

teque tuasque decet sorores.

 

Strophes alcaïques.

Voir :

L'hiver au printemps de l'âge (Ode I, 9) autrement écrit

Horace, Ode I, 9 (L'hiver au printemps de l'âge)

Horace, Ode I, 16 (Palinodie)

Horace, Ode I, 17 (Des chèvres et des loups)

 

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