Horace, Ode I, 26 (Aimé des Muses)
Aimé des Muses, je vais donner la tristesse et la peur
aux vents fougueux, qu'ils les emportent jusqu'à
la mer de Crète. Sous l'étoile de l'Ourse
un roi en son pays glacé inspire quelque crainte ?
Ce que redoute Tiridate ? Sans égale est
mon insouciance. Ô toi qui aimes les sources
inviolées, tresse les fleurs de grand soleil,
tresse-les en couronne pour mon très cher Lamia,
ô douce Pimpléenne. Sans toi à rien
ne sert mon éloge. Mon ami, sur des cordes nouvelles,
mon ami, l'immortaliser avec le plectre de Lesbos,
c'est à toi que cela convient, à toi et à tes sœurs.
Tiridate (v. 5) : Tiridate II, allié des Romains, avait détrôné Phraatès IV (30/31 av. J.-C.), mais celui-ci revenait en force avec l'aide des Scythes. Il sera d'ailleurs rapidement destitué et Phraatès IV signera un traité de paix avec Auguste en 20 av. J.-C.
Lamia (v. 8) : Horace avait pour amis deux frères de ce nom : Lucius et Quintus Ælius Lamia. Il peut s'agir de l'un ou de l'autre.
douce Pimpléenne (v. 9) : Pimpla est le nom d'une montagne et d'une ville de Piérie (Grèce) où se trouvait une source consacrée aux Muses.
Lecture avec le texte latin
Aimé des Muses, je vais donner la tristesse et la peur
aux vents fougueux, qu'ils les emportent jusqu'à
la mer de Crète. Sous l'étoile de l'Ourse
un roi en son pays glacé inspire quelque crainte ?
Musis amicus tristitiam et metus
tradam proteruis in mare Creticum
portare uentis, quis sub Arcto
rex gelidæ metuatur oræ,
Ce que redoute Tiridate ? Sans égale est
mon insouciance. Ô toi qui aimes les sources
inviolées, tresse les fleurs de grand soleil,
tresse-les en couronne pour mon très cher Lamia,
quid Tiridaten terreat, unice 5
securus. O quæ fontibus integris
gaudes, apricos necte flores,
necte meo Lamiæ coronam,
ô douce Pimpléenne. Sans toi à rien
ne sert mon éloge. Mon ami, sur des cordes nouvelles,
mon ami, l'immortaliser avec le plectre de Lesbos,
c'est à toi que cela convient, à toi et à tes sœurs.
Piplea dulcis. Nil sine te mei
prosunt honores. Hunc fidibus nouis, 10
hunc Lesbio sacrare plectro,
teque tuasque decet sorores.
Strophes alcaïques.
Voir :
L'hiver au printemps de l'âge (Ode I, 9) autrement écrit
Horace, Ode I, 9 (L'hiver au printemps de l'âge)
Horace, Ode I, 17 (Des chèvres et des loups)


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