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Devais-je ou ne devais-je point ?
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En tout état de cause, on ne peut avancer dans un texte sans hypothèse de lecture, et s'agissant de la Satire II, 4, c'est à chaque phrase, sinon à chaque mot qu'il faut renouveler l'hypothèse de départ.
De qui se moque-t-on ? Du lecteur ? Assurément pas. De soi-même ? Toujours. De la philosophie ? Ah non ! Des philosophes ? Bien sûr. Des gastronomes ? Quel intérêt ?
Où veut-on aller, avec Catius ?
Acceptons en confiance de partager avec Horace la cuisine simple et savoureuse des jardins rustiques et des prés, et suivons-le dans sa quête sincère d'une vie heureuse.
Suivons le maître dont le nom est caché, dont on ne saura pas s'il est Romain ou étranger, dont la personne est d'autant plus recherchée qu'il ne s'expose pas, dont la science se formule en recettes dont le sens, comme le jaune de l'œuf, se révèle sous la coquille calleuse des mots, qui résistent parfois, mais avec le vin, cela passera mieux.
Car le savoir sapere ne s'enchaîne pas aux paroles du sage sapiens. Bien au contraire, il faut avoir développé son goût sapere pour avoir une chance de débrouiller un peu le problème des saveurs sapor.
Choisir ses convives, en évitant certains fous ... Où ça dans le texte ? me direz-vous, si vous avez bien lu. — Peut-être là : qui nigris prandia moris finiet. — Mais les mûres ... — N'ont rien à voir ? Et pourtant, les fous mori sont parfois mûres mori.
Toujours de la douceur, et de préférence dans le plaisir de l'otium, en ces lieux de villégiature où abondent naturellement les coquillages d'incomparable saveur et de grande vertu, dans leur diversité précieuse, coques testæ nobles ou ordinaires, ce n'est pas une affaire d'argent.
De la douceur toujours, et du vin, mais sans mollesse, un appétit toujours aiguisé, mais sans caprice, et sans laisser-aller.
Débarrassé de toute gêne, sans mesquinerie ni pratique tatillonne, on pourra alors songer à mélanger en juste proportion les arômes subtils élaborés ici et ailleurs à de bonne huile italienne, et généreusement. On servira sans façon à chacun son assaisonnement, piquant, amer ou sucré.
Et avec ça une seule leçon sans nulle ambiguïté : que le vase soit propre.
Aller plus loin peut-être serait trahir, car je ne suis moi-même qu'intermédiaire interpres.
Horace, Satire II, 4 (Préceptes pour une vie heureuse)
publiées ici sont inédites. Vous entrez dans l'échoppe d'un artisan des Lettres.
Prochainement : les Satires d'Horace, en édition numérique bilingue, chez Publie.net (voir le lien ci-dessous).
Traductions de Danielle Carlès est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage à l'Identique 3.0 non transposé.
Le texte latin qui accompagne éventuellement la traduction (Odes et Satires au jour le jour) est repris de différentes éditions anciennes, avec une ponctuation personnelle.
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